| A la
suite, un petit texte malin pour faire plaisir aux moteurs de
recherche qui aiment les pages bien remplies...
Herman Van Rompuy, poète haïku, "ni
extravagant, ni fortement vaniteux, ni extrémiste"
Le
Monde | 15.04.10 | 12h47 •
Bruxelles,
correspondant - Herman Van Rompuy, le président permanent du
Conseil européen, a attiré, jeudi 15 avril dans la matinée,
de très nombreux journalistes – dont une forte délégation
japonaise – pour la présentation de son recueil de haïkus,
dans les salons de la chambre belge des députés. Un lieu où
l'ex-président de cette assemblée a passé, a-t-il expliqué, "les
plus belles années" de sa vie politique, en 2007 et
2008, alors, étonnamment, que la Belgique connaissait à ce
moment-là l'une de ses pires crises politiques.
Le
président du Conseil s'est exercé, depuis 2004, aux petits poèmes
ludiques sans rimes (trois vers, de respectivement 5, 7 et 5
syllabes) qui font, désormais, sa notoriété.
En
octobre 2009, il avait provoqué la surprise en clôturant son
discours, à l'occasion d'une "troïka" présidentielle
de l'Union, par la lecture d'un haïku énonçant : "Trois
vagues déferlent / abordant ensemble au port / le trio est
rentré."
De
sa visite récente à Washington, où il a brièvement rencontré
le président Barack Obama, il est revenu avec un inédit qui ne
figure pas dans son recueil de 124 pages : "Absent
deux jours / un monde qui a changé / le verger en
fleur…"
"UN
LANGAGE NON SOPHISTIQUÉ"
Très
avare de déclarations et d'apparitions médiatiques – il a
refusé toute interview sur son livre – M. Van Rompuy aime,
a-t-il expliqué, le haïku parce qu'il lui permet d'en revenir
à l'essentiel de la parole "en disant bien des choses
en si peu d'espace et dans un langage non sophistiqué".
Cultivant
décidément sa différence, il a indiqué que, s'il raffole de
ce genre japonais, c'est parce qu'en politique "un poète
haïku ne peut être ni extravagant, ni fortement vaniteux, ni
extrémiste".
C'est
dans son petit recueil qu'il faudrait donc chercher les ressorts
de sa personnalité, généralement décrite comme effacée,
voire ennuyeuse. Dans un poème comme celui-ci par exemple : "Le
silence vit / tant que j'entends les oiseaux / leur chant me
calme…"
Jean-Pierre Stroobants |